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Prix des matériaux et tarifs douaniers en 2026 : comment protéger vos soumissions

Acier, aluminium, bois : les tarifs en vigueur et six protections concrètes — validité courte, clause d'ajustement, provision — pour ne pas payer la hausse.

Soumissions & prixPublié le 31 août 20268 min de lectureÉquipe BatiCore

Depuis 2025, le prix d'une soumission peut devenir faux avant même que le client l'ait lue. Les tarifs américains et les contre-mesures canadiennes se sont succédé, et l'indice des prix de la construction continue de monter — plus vite à Montréal qu'ailleurs au dernier trimestre. Vous ne contrôlez pas les tarifs. Vous contrôlez la façon dont votre soumission y réagit.

Où on en est — au 28 août 2026

Le gouvernement du Québec tient à jour une page des tarifs américains et des mesures canadiennes en vigueur (dernière mise à jour : 28 août 2026). L'essentiel pour un entrepreneur :

MesureTauxEn vigueur depuis
Tarif américain sur l’acier et l’aluminium canadiens50 % (25 % sur certains dérivés ; 15 % sur l’équipement industriel et CVC)12 mars 2025, modifié le 8 juin 2026
Tarif américain sur le cuivre50 % (semi-finis et dérivés)1er août 2025
Tarif américain sur le bois d’œuvre résineux10 %, en plus des droits antidumping et compensateurs déjà en place14 octobre 2025
Tarif américain « universel » hors ACEUM10 % sur les produits non conformes à l’ACEUM24 juillet 2026
Tarifs américains dits « article 338 »50 % sur divers produits — dérivés du bois, produits électriques, plastiques, textiles…22 août 2026
Contre-tarifs canadiens sur l’acier et l’aluminium américains25 %13 mars 2025 (portée réduite le 1er septembre 2025)
Mesures canadiennes pour l’acier et le boisQuotas d’importation d’acier ; transport ferroviaire interprovincial de l’acier et du bois subventionné à 50 % dès le printemps 2026 ; « acheter canadien » pour les contrats fédéraux de plus de 25 M$Annoncées le 26 novembre 2025

Ce qui frappe votre facture n'est pas le tarif américain lui-même — il frappe les fournisseurs canadiens qui exportent —, mais ses effets : contre-tarifs sur les produits d'origine américaine que vous achetez, quotas, chaînes d'approvisionnement réorganisées, fournisseurs qui répercutent la perte d'un marché. Le lien entre un décret et votre prix d'achat n'est jamais direct. C'est exactement pour ça qu'il faut mesurer plutôt que deviner.

Ce que disent les indices

  • Statistique Canada, Indice des prix de la construction de bâtiments, 2e trimestre 2026(publié le 24 juillet 2026) : au Canada, +0,5 % sur le trimestre en résidentiel (+2,3 % sur un an) et +1,4 % en non résidentiel (+3,5 % sur un an).
  • Montréal : +2,5 % en résidentiel et +1,9 % en non résidentiel sur le seul trimestre ; Québec : +2,6 % et +2,7 %. Les ouvrages métalliques (+2,1 %) mènent la hausse résidentielle, avec les charpentes d'acier et le terrassement.
  • Statistique Canada attribue explicitement une partie des hausses aux droits de douane de rétorsion entre le Canada et les États-Unis, qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et renchéri les produits en métal et en acier.
Pour fixer les idées : selon cet indice, un ouvrage résidentiel de 100 000 $ chiffré en avril à Montréal vaut en moyenne 2 500 $ de plus aux prix de juillet — sans qu'une seule ligne de la soumission ait changé. Une validité de 90 jours, c'est cette somme que vous offrez.

Le prix forfaitaire, c'est votre risque — sauf clause contraire

L'article 2109 du Code civil du Québec est sans ambiguïté : lorsque le contrat est à forfait, le client paie le prix convenu, et l'entrepreneur ne peut prétendre à une augmentation du prixparce que l'ouvrage a coûté plus cher que prévu. Sans clause, la hausse est pour vous. Et en règle générale, une hausse de prix n'est pas une force majeure : elle rend l'exécution plus coûteuse, pas impossible — ne comptez pas là-dessus.

  • Contrat commercial (entre entreprises). Une clause d'ajustement du prix des matériaux est légale et courante — à condition d'être négociée et signée avant le début des travaux, pas ajoutée sur la facture. C'est la recommandation de la Corporation des maîtres électriciens (CMEQ) dès février 2025.
  • Contrat avec un consommateur. La Loi sur la protection du consommateur interdit de modifier le prix unilatéralement. La CMEQ suggère, pour la portion incertaine, un mode « temps et matériaux » (coût majoré) avec une documentation transparente des dépenses — ou une validité courte et une nouvelle soumission.
  • Appel d'offres public ou BSDQ. Vous n'ajoutez aucune condition que les documents n'autorisent pas — la soumission serait non conforme. Cherchez le mécanisme d'ajustement dans les documents d'appel d'offres, ou demandez un addenda pendant la période de soumission. La Société québécoise des infrastructures (SQI) applique depuis 2022 une clause d'ajustement du prix des matériaux et équipements fondée sur les indices mensuels de Statistique Canada, avec ventilation des prix et formulaire de calcul. Le contrat normalisé CCDC 2 (édition 2024) prévoit, lui, l'ajustement du prix pour les changements de taxes et de droits de douane survenus après la clôture des soumissions.

Six protections concrètes

1. Une validité courte, alignée sur vos fournisseurs

Quinze à trente jours, écrits sur la soumission. Demandez à vos fournisseurs des prix datéset joignez-les au dossier : votre validité s'arrête quand la leur s'arrête. Si le client a besoin de plus (assemblée de copropriété, conseil d'administration), reconfirmez les prix avant la signature plutôt que d'allonger la validité.

2. Une clause d'ajustement écrite — contrats commerciaux

Un libellé de départ, à faire valider par votre conseiller juridique : « Les prix des matériaux suivants — [acier d'armature, membrane, aluminium…] — sont établis sur la base des prix fournisseurs en date du [date], joints en annexe. Si, entre cette date et la commande, le prix d'achat de l'un d'eux varie de plus de [5] %, la variation, à la hausse comme à la baisse, est répercutée au client sur présentation des factures, sans marge additionnelle. » La symétrie n'est pas de la générosité : c'est ce qui rend la clause acceptable pour le client — et crédible devant un tiers.

3. Une clause distincte pour les taxes et les droits de douane

Sur le modèle du CCDC 2 : « Toute taxe ou tout droit de douane nouveau ou modifié après la date de la soumission et touchant les matériaux fournis est ajouté ou déduit du prix, sur pièces justificatives. » Un décret n'est pas une variation de marché ; traitez-le à part.

4. Une provision pour les postes volatils

Une ligne « Provision — acier structural : 12 000 $ », réconciliée à la facture sur pièces. Le mécanisme est banal pour les finitions (le client choisit sa céramique) ; il est tout aussi légitime pour les métaux en 2026.

5. Commander tôt, verrouiller le prix

Quand le contrat est signé, commandez les matériaux exposés sans attendre — la CMEQ recommandait déjà d'acheter avant l'entrée en vigueur des tarifs. Demandez au fournisseur un maintien de prix écrit, et alignez l'acompte sur la commande de matériaux (voir le modèle de soumission).

6. Documenter — tout

Prix fournisseurs datés, factures, correspondance. Une demande d'ajustement sans pièces échoue ; les associations rappellent aussi que la hausse réclamée ne doit pas résulter d'une estimation négligente au départ. Vérifiez auprès du fournisseur le coût, la disponibilité et la durée pendant laquelle le produit est offert à ce prix — avant de soumissionner.

Mesurer plutôt que deviner : tenez votre propre indice

Statistique Canada donne la moyenne ; votre réalité, ce sont vos fournisseurs. Un carnet de prix où chaque prix porte sa date fait la différence : au moment de chiffrer, vous voyez lesquels ont plus de 60 jours et vous les revérifiez — les autres, vous les gardez. C'est un travail de dix minutes par soumission qui remplace une intuition.

Comment BatiCore le fait : un catalogue de prix avec le coût, la marge (par catégorie, ou par article) et le prix de vente calculé, que vous mettez à jour à chaque prix de fournisseur ; des sections avec sous-totaux, des lignes optionnelles hors du total ; une date « Valide jusqu'au »sur chaque soumission (avec un défaut réglable dans vos paramètres) ; et, quand un prix doit être reconfirmé, une version 2 qui remplace la première sans l'effacer — le client voit la nouvelle, vous gardez l'historique.

Et vos contrats en cours ?

  • Vous êtes lié par ce qui est signé. Relisez les clauses : ajustement, taxes et droits, délais.
  • S'il existe un mécanisme d'ajustement, suivez sa procédure à la lettre (avis, délais, pièces).
  • S'il n'en existe pas, parlez au client tôt, chiffres et factures à l'appui, et proposez un avenant écrit — jamais une majoration sur la facture.
  • Pour les contrats à venir, mettez les six protections en place avant la prochaine soumission, pas après la prochaine hausse.
Sources consultées le 31 août 2026

Les montants et règles cités sont ceux affichés par ces organismes à cette date ; ils changent (indexation, décrets). Vérifiez à la source avant d'agir — et cet article n'est pas un avis juridique.

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Questions fréquentes

Puis-je augmenter mon prix si le coût des matériaux monte après la signature ?

Pas dans un contrat à forfait, sauf clause contraire : l'article 2109 du Code civil du Québec prévoit que le client paie le prix convenu et que l'entrepreneur ne peut pas réclamer d'augmentation parce que l'ouvrage a coûté plus cher que prévu. Une hausse de prix n'est généralement pas une force majeure — elle rend l'exécution plus coûteuse, pas impossible. D'où l'importance de négocier une clause d'ajustement AVANT la signature, et de parler au client tôt, pièces à l'appui, quand un contrat en cours dérape.

Une clause d'ajustement des prix de matériaux est-elle légale au Québec ?

Oui entre entreprises, à condition d'être négociée et signée avant le début des travaux — jamais ajoutée sur une facture. Avec un consommateur, la Loi sur la protection du consommateur interdit de modifier le prix unilatéralement : la Corporation des maîtres électriciens suggère plutôt un mode « temps et matériaux » documenté pour la portion incertaine, ou une validité courte. En appel d'offres, n'ajoutez aucune condition que les documents n'autorisent pas : la soumission serait déclarée non conforme — demandez plutôt un addenda pendant la période de soumission.

De combien les coûts de construction ont-ils augmenté récemment au Québec ?

Selon l'Indice des prix de la construction de bâtiments de Statistique Canada (deuxième trimestre de 2026, publié le 24 juillet 2026), les coûts ont augmenté de 2,5 % en résidentiel et de 1,9 % en non résidentiel à Montréal sur le seul trimestre ; à Québec, de 2,6 % et 2,7 %. Au Canada, la hausse annuelle atteint 2,3 % en résidentiel et 3,5 % en non résidentiel. Les ouvrages métalliques et les charpentes d'acier mènent la hausse, et Statistique Canada cite explicitement les droits de douane de rétorsion parmi les causes.

Quels tarifs douaniers touchent les matériaux de construction en 2026 ?

Selon la page du gouvernement du Québec mise à jour le 28 août 2026 : les États-Unis imposent 50 % sur l'acier et l'aluminium canadiens (25 % sur certains dérivés, 15 % sur l'équipement industriel et CVC), 50 % sur le cuivre semi-fini, 10 % sur le bois d'œuvre résineux en plus des droits antidumping et compensateurs, et 10 % sur les produits non conformes à l'ACEUM. Le Canada maintient des contre-tarifs de 25 % sur l'acier et l'aluminium américains. Ces mesures changent souvent : vérifiez la page avant de vous en servir dans un contrat.

Équipe BatiCore

Nous construisons BatiCore, un logiciel de gestion pour les entrepreneurs en construction du Québec — soumissions, chantiers, paie CCQ, conformité. Nos articles citent des sources publiques datées ; quand un fait vient d'un organisme ou d'un concurrent, on dit lequel et quand. Une erreur ? Écrivez-nous, on corrige.

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